lundi 15 février 2010

Ce que Pierre Falardeau aurait dit sur les jeux olympiques de Vancouver

Les jeux olympiques de Vancouver soulèvent la controverse présentement. Celle-ci tourne autour des cérémonies d'ouverture et de la place du français qui a été selon plusieurs, négligé. J'en entends parler partout autour de moi. Généralement on dit que les cérémonies étaient bien mais que la place du français dans un pays supposément bilingue a été quasi-absente. Le fait aussi que Wayne Gretzky, un joueur de hockey professionnel qui a gagné et gagne encore des milions de dollars grâce à ce sport allume la flamme dans une compétition qui est supposé représenter l'ultime rencontre mondiale du sport amateur. Aussi, Wayne Gretzky n'habite plus le Canada...il vit aux États-Unis par choix...Des amateurs dont beaucoup sont étudiants et qui peinent à joindre les deux bouts. Le fait qu'il débarque en pick-up comme un fermier de l'ouest canadien soulève aussi la question de l'image que ce pays a dégagé à la face du monde.

Aujourd'hui je n'ai pas envie de donner mon opinion sur ce sujet même si plusieurs s'en doutent et que je l'ai déjà exprimé dans un commentaire sur un autre blog. Non. Aujourd'hui j'ai décidé de faire parler mort. Quelqu'un pour qui j'ai le plus grand respect. Un mentor, un idole, un pamphlétaire du 19ième siècle perdu dans le bouillon du 21ième siècle. Un homme intègre, cru, direct mais tellement attachant. Depuis le 25 septembre 2009 je suis orphelin de cet icône mais aujourd'hui je le fais revivre par les mots. Je suis certain qu'il aurait quelque chose à dire sur ce sujet...je peux même m'avancer sur certaines de ces paroles. Évidemment, si cela offusque ou choque des membres de sa famille ou bien de ses amis je retirerai ce billet. Je tente donc ici de représenter fidèlement la pensée de la manière la plus intègre possible. Je tiens aussi à mentionner que ce texte ne représente pas nécessairement ma pensée ni les mots que j'emploie habituellement pour exprimer celle-ci. C'est plutôt un fantasme de lecture que j'avais à chaque fois que je lisais, écoutais ou voyais cet homme s'exprimer.

Voici donc ce qu'aurait dit Pierre Falardeau...

« Vraiment ? Vous êtes indignés !!! Après vous avoir agenouillé devant le queneda vous êtes allés vous roulez dans les slush pleine de marde de blocks pis la pluie plate de Vancouver. Vous êtes surpris qu'on vous ignore. Le queneda vous a ignoré combien de fois depuis votre naissance ? Depuis 1837-38 jusqu'au sous-fifre à Trudeau vous avez été ignoré. Pis quand on a vu votre bout de nez dépasser le haut de notre ceinture et qu'on a fait un petit effort pour vous quenedianiser, les autres provinces sont venus vous rabaisser pour que vous puissiez continuer votre basse besogne sous la ceinture. Parce que celle-ci vous a permis de vivre. Vivre étouffé, oublié, souillé...mais vivre. On dépense 85% de votre fête nationale au Québec (1ier juillet) pis vous vous offusquez pas plus que ça qu'ils ne sont même pas foutu de dire un couplet dans la langue de Molière à Vannecouver !!! Vous êtes donc vraiment pas tanné de mourir à petit feu.

Des jeux olympiques au queneda, vous pensiez quoi bande de zigotos !!! Qu'ils allaient engager un québécers pour faire plaisir. Ben non !!! Le Crocodile Dundee au service de sa majestuosité est venu faire un show pathétique en ayant un acrobate qui est capable de se commander un poutine à la Belle Province. Les autres tous des blocks de l'ouest du queneda. Ca prend ben les écouteux de la radio-égoût de Québec pour élire la sotte à Josée Verner pis penser que Maxime Bernier est un intellectuel. Vous le vouliez votre gouvernement de block ben vous l'avez sacrament !!! Même Denis Coderre commence à en avoir assez dans la face.

Ce pays impérialiste bafoue les droits des francophones depuis 1867. C'est seulement la suite logique des choses. De Riel au Inuits et Amérindiens qui regardent de leur taudis sur la Côte-Nord des cérémonies où on les fait passer pour des privilégiés...bullshit sacrament !!! Des faux indiens avec des plumes dans le cul pour la cérémonie d'ouverture...pensez-vous berner les autochtones ? Un peuple qui en est rendu à sniffer des canis d'essence parce qu'on les a crisser dans des réserves pis qu'on leur donne trois ou quatres nanannes pour faire chier les francophones du Québec. C'est ça le queneda. C'est un prime minister qui parle pas mieux français que Scott Gomez. Un ministre du patrimoine qui se câlisse ben du patrimoine justement. Dans le temps des libéraux au moins on essayait de nous vendre leur cochonnerie de culture quenedianne qui n'existe même pas alors que maintenant on s'en criss tout court. On ne pourra pas reprocher aux conservateurs de prêcher par excès de propagande. Ils n'ont même pas besoin. Le Québec dort, ses chefs dorment pis la populasse s'en schtroupfe en espérant ben plus savoir si le gros Ben de Zouf Story va fourrer la mère de son ex-zoufteuse Tiffanny. Ca c'est ce que vous avez, ce que vous méritez !!!

Les prochains jeux olympiques au queneda seront à Toronto. Ils seront unilingues anglophones pis les quebecers seront présentés dans le spectacle d'ouverture comme un petit peuple folklorique ayant vécu dans la vallée du St-Laurent il n'y a pas si longtemps. Une ceinture fléchée, une bouteille de caribou à la main et tout le tapons de préjugés qui viennent avec la méconnaissance d'une autre culture.
».


lundi 1 février 2010

« L’acadianisation tranquille »

Pour commencer l’année 2010 sur la blogosphère, quoi de mieux qu’un billet sur la langue française au Québec. Pour plusieurs c’est un débat futile, tabou. À chaque fois que je tente d’en parler dans mon entourage, sauf quelques exceptions près et ils se reconnaissent, je me fais dire de changer de sujet. Je me fais dire que je suis négatif et pisse-vinaigre.


Je vous le dit essayez cela : vous prenez une bière avec des amis dans un bar et parlez du troisième trio du Canadien, de la téléréalité, ou bien de la température extérieure tout le monde va vous regarder et acquiescer. Après une bonne gorgée vous donnant du courage lâchez cette boutade : « moi je pense que le français recule considérablement au Québec ! ». On va vous regardez comme si vous étiez venu d’une planète étrangère. Hein ! La langue française. Voyons, elle va bien la langue française. Le débat est clos et le tiroir linguistique est fermé depuis la loi 101. Ah bon. Pourtant, voici des faits qui prouvent le contraire. Ce billet portera en trois temps. D’abord une précision sur l’utilisation de la langue anglaise, ensuite un état des lieux au Québec à l’aide de statistiques et finalement un ensemble d’observations personnelles depuis quelques mois qui viennent renforcer mon propos. Aussi, je voudrais mentionner que ce texte ne s’adresse pas aux libertariens puisqu’ils voient la langue dans une logique de marché ce que je réfute ardemment. Le débat ici ne se déroulera donc pas en suivant ce prémisse théorique.


La langue anglaise est la langue des affaires, du commerce, la langue internationale quoi. C’est une langue riche qui fait vibrer une culture forte et diversifiée qu’est l’anglo-saxonne. Son apprentissage est non seulement nécessaire et sa connaissance forte utile qu’elle devrait impérativement être la plus largement diffusée comme langue seconde au Québec. Lorsque j’entends parler anglais autour de moi je ne fais pas de l’urticaire. Quand je me fais répondre dans cette langue dans un commerce oui. La survie du français ne passe pas par le combat de l’anglais mais par la défense du français. L’un n’empêche pas l’autre. Ce n’est pas non plus un texte qui parle des « anglais » ou des « anglos ». Ils sont fiers de leur langue et avec raison. La plupart des anglophones québécois parlent aussi le français et sont fiers de cette spécificité que leur permet le Québec en Amérique du Nord. Pourtant, l’utilisation accrue de la langue anglaise dans la sphère publique présente bel et bien une menace pour la survie de la langue française. Ces individus qui sont donc sur la scène publique se doivent par conséquent d’utiliser le français et d’en promouvoir une qualité supérieure.


Alors, je veux bien mon Phil mais tu nous présente seulement des impressions pour le moment. Vous ne vous rappelez pas du rapport de l’Office québécois de la langue française publié en mars 2008 ? Non. C’est normal. Les médias en ont parlé, mais le gouvernement Charest en a diminué l’importance. Quelques chroniqueurs dans Le Devoir ou bien l’infatigable Richard Martineau en ont parlé et ont lancé le cri d’alarme qui ressort de ce rapport. André Pratte et Alain Dubuc ont suivi la ligne éditoriale qui vise à diminuer l’importance de ce genre de cri d’alarme. Pourtant le chiffres sont éloquents…en voici quelqu’uns :

- En 2006 près de 4 Québécois sur 5 avaient le français comme langue maternelle. Toutefois, entre 1991 et 2006 le poids relatif de ce groupe a diminué et passait pour la première fois en 2006 sous la barre des 80% au Québec et 50% à Montréal.

- Depuis 1991, la population québécoise de langue française se régénère moins. En 2001, elle comptait environ 66 000 enfants âgés de 0 à 4 ans de moins qu’en 1996.


Pour consulter l’ensemble des données statistiques, suivez ce lien. Elles sont concluantes.


Mais pourquoi ai-je donc encore envie de soulever ce débat. Parce qu’autour de moi j’observe des manifestations de relâchement de la langue française. Au risque de déplaire à plusieurs qui vont se reconnaître. D’abord me faire appeler « Dude » m’horripile au plus au point. J’ai 28 ans pis j’ai arrêté la planche à roulette en 1995. Mon nom c’est Philippe et c’est pour cette raison que nos parents nous donnent un nom. Je ne rêve pas de m’appeler Steven ou Dave pour avoir un prénom à consonance anglaise. C’est quoi cette maudite maladie d’envier tout ce qui vient du monde anglo-saxon ? Connaître, admirer et respecter une autre culture ne veut pas dire obnubiler la sienne. « Wrap-Up ». Une autre expression à la mode qui m’écœure sincèrement. Emballage, regroupement ou rassemblement s’utilisent. « Chiller »…va falloir qu’un jour quelqu’un me donne la définition exact de ce terme. Le nombre prodigieux de statuts facebook en anglais écrits par des connaissances clairement francophones voir nationalistes. Je ne la comprends pas. Même chose sur MSN. Pourquoi donc ? Faudra m’expliquer. Je ne parle pas ici de ceux qui écrivent des citations ou bien des extraits musicaux. Je parle plutôt de ceux qui écrivent ce qu’ils font…en anglais. Vous pensez en anglais maintenant ??? Et cette obsession d’envoyer les enfants à l’école anglaise. On croirait entendre Elvis Gratton dans son célèbre monologue. Je n’y suis jamais allé, pas plus que beaucoup de gens bilingues que je connais.


Ensuite, connaissant la richesse de cette langue belle que nous possédons, je n’en peux plus d’entendre « en anglais on dit ». Rarement n’ai-je pas trouvé l’équivalent en discutant avec mon interlocuteur. Comme je suis un amateur de hockey, je suis les matchs du Canadien de Montréal sur le Réseau des Sports. Je suis assez vieux pour me souvenir des belles années de la Soirée du hockey à Radio-Canada et de la qualité du français qu’on y parle. Pierre Houde est ordinaire et Benoit Brunet a un vocabulaire francophone d’environ 43 mots. Pourtant il a toujours l’expression anglaise pour décrire une situation…ce que Gilles Tremblay, lui aussi un ancien joueur de la LNH ne faisait jamais. J’arbitre aussi au hockey sur glace. Je ne vous parlerai pas de la proportion phénoménale d’expressions anglaises associées à la pratique de ce sport mais plutôt d’une anecdote pleinement québécoise. L’équipe est composée de joueurs francophones…sauf un. Celui-ci est un anglophone du Québec et s’exprime à ses coéquipiers en français. Toutefois, tous les joueurs ont la soudaine manie de se communiquer en anglais afin que l’anglophone…qui comprend le français suive le cours des discussions. Étant parfaitement bilingue, je prend bonne note de la piètre qualité du contenu anglophone de cette équipe qui éprouve certaines difficultés au niveau de la cohésion de son jeu. Québécois vous avais-je dis…


Enfin, je termine en y allant d’une prédiction historique sur la survie du français au Québec. J’ai passé environ 1 an au total dans les 4 dernières années de ma vie au Nouveau-Brunswick. J’ai eu l’occasion de côtoyer plusieurs Acadiens de cette province et quelle n’a pas été ma surprise de constater que généralement, s’ils ont des enfants, ils ne parlent qu’en anglais. Entre eux c’est la même chose. En anglais. Durant la fête des Acadiens à Shediac, pourtant un bled francophone, les gens communiquaient entre eux en anglais. On m’avait parlé de la fierté de cette nation, de son désir de survie…je suis navré de dire que ma déception fut totale. Les jeunes ne s’intéressent pas à la culture acadienne et le français est davantage considéré comme un instrument de folklore que comme un outil de communication. Tiens donc…la Louisianne 50 ans avant. C’est mon opinion et mon impression. J’observe autour de moi, au Québec, l’embryon de ce phénomène et c’est pourquoi je le qualifie d’acadianisation tranquille…

lundi 21 décembre 2009

Bilan politique 2009

En trois mots :

Sur la scène municipale, le mot résumant tout est corruption.
Sur la scène provinciale, celui-ci est inaction.
Au fédéral, on résume l'année par détournement.

La politique provinciale a fait écho aux nombreux préjugés que la population en générale entretient envers celle-ci et malheureusement, c'est la métropole québécoise qui a été la grande meneuse dans ce domaine. Se targuant autrefois d'être à l'avant-garde de la démocratie municipale, Montréal donne un bien mauvais exemple aux petites municipalités du Québec qu'on soupçonne depuis plusieurs années de faire dans la collusion. Un maire qui s'est déchargé de ses responsabilités en affirmant tour à tour de pas savoir, vouloir enquêter, ne pas être au courant, accuser des fonctionnaires, accuser son entourage et finalement reconnaître qu'il y aurait peut-être quelques petites irrégularités dans la gestion de la ville. Pour y remédier, Louise Harel sort de son militantisme communautaire et utilise évidemment l'arme la plus appropriée pour vaincre les troupes de Gérald Tremblay lors de l'élection : l'intégrité politique. Pourtant, deux obstacles majeurs viendront secouer les cordages de son propre filet en fin de rencontre et permettre la réélection du maire sortant en prolongation : la montée de Richard Bergeron qui viendra diviser le vote francophone et progressiste ainsi que les révélations entourant Benoît Labonté. Après tout cela, les noms les plus connus en politique municipale sont Accurso, Zampino, De Sousa ou bien Lino Zambito à Boisbriand...Tirez vos propres conclusions !!! Ah oui j'oubliais le merveilleux monde syndical et principalement le milieu de la construction qui nage dans la corruption avec tous ces hommes d'affaires intègres et honnêtes. Ses dirigeants sont aussi hypocrites que des collabos français lichant la botte nazie durant l'Occupation puis celle des Yankees en 1944 lors de la libération de Paris. Le syndicalisme militant : NON-MERCI. Les demandes exagérées des employés de l'État pour la prochaine convention collective alors que les finances publiques sont à leur niveau le plus précaires depuis les années 1990 : NON-MERCI. Faites les ménages dans votre basse-cour de syndicats devenus verreux et patroneux jusqu'à la moelle.

Habituellement, quand une année se termine, qu'il y ait eu ou non des élections municipales, la politiques provinciale regeorge d'événements qui méritent d'être soulevés et qui ont changé la donne politique durant la dernière année. Or en 2009 c'est le contraire qui est arrivée. Nathalie Normandeau qui a fait preuve d'une apathie sans nom durant le crise qui a secoué le monde municipal. C'est certain qu'avec son expérience à la mairie de la mégalopole de Maria elle disposait de tout le bagae nécessaire pour faire face à la tempête. Que dire de son successeur Laurent Lessard, aussi dynamique qu'une motte de tourbe dans le même dossier. Un autre politicailleux provenant du monde municipal qui fait si honte à l'intelligence des Québécois. Nathalie Normandeau pour revenir à elle qui se sent tout offusquée de s'avoir fait dit de se "fermer la gueule" à l'Assemblée nationale. Elle n'a jamais rien entendu de tel. Ah non ? Madame dont votre élégance surpasse de loin vos capacités cognitives où étiez-vous quand Jean Charest a traité de "chienne" Elsie Lefebvre ? Et Jean Charest qui envoie Jacques Dupuis au "batte" depuis le mois de septembre pour tenter d'expliquer pour le gouvernement ne veux pas de ce que tout le monde veux au Québec : une commission d'enquête sur la corruption dans le monde politique municipale et dans le milieu de la construction. Le parti libéral a tout à perdre voilà pourquoi il n'y en aura pas de commission. Le parti libéral a tout intérêt à garder l'anonymat de ses donateurs. N'ayons pas peur de le dire, ce parti a quelque chose à cacher. Ce parti a compris les erreurs de son premier mandat, il ne fait rien. Rien, rien, rien. Comme ça on ne déplaît à personne et on ne soulève pas de scandales sur sa propre administration. Et comment se porte le parti dans les intentions de votes ? Très bien! Il vogue...il passe à l'inaction.

Et l'opposition. D'abord je ne veux même pas parler de la débandade du simulâcre de parti qu'est l'ADQ, un parti que j'ai toujours méprisé pour ses prises de positions simplistes et son ignorance de la réalité montréalaise. Un parti tout comme les conservateurs qui vogue sur une popularité dans quelques bastions populistes comme Vanier ou la Beauce. Bref des éléments pathétiques dans le paysage politique québécois. Et comment se porte le PQ ? Encore là c'est l'inaction. Pauline Marois qui était supposé moderniser ce parti ménage sa gauche et sa droite tout comme ses éléments radicaux et ses "mous". Bref le vide intellectuel. Pas de projet de société, une souveraineté en veilleuse qu'on arrive plus à définir et la faiblesse d'un gouvernement dont on arrive pas a en tirer les profits électoraux. Bref une brèche que ce parti est incapable d'exploiter.

Sur la scène fédérale, les conservateurs sont passés maîtres dans le contrôle de l'information. Que ce soit l'affaire Maher Arar, les détenus toturés en Afghanistan (c'est l'armée canadienne qui vient rabrouer un ministre malhonnête) ou bien la politique environnementale. À Copenhague, le gouvernement conservateur à fait honte à la tradition de leader du Canada en matière environnemental, mais aussi en matière de relations internationales où le premier ministre s'est caché comme un voyou. Remarquez que Jean Charest peut bien se targuer de dire que le Québec est plus vert que les autres provinces, les statistiques environnementales au niveau des individus ne sont guère plus reluisante au Québec qu'en Alberta. Stephen Harper contrôle les comités parlementaires de manière aussi efficace que s'il était majoritaire. Il les boycotte au besoin afin de limiter la visibilité de l'opposition. Même Jean Chrétien n'allait pas dans ses eaux là c'est pour vous dire. Le messie intellectuel, le véritable successeur de Trudeau s'est avéré un pétard mouillé. Il ne fait pas mieux que Stéphane Dion baptême ! Harper est passé maître dans l'art de détourner l'attention sur les sérieuses allégations qui pèsent sur son administration. Le seul qui mérite une note positive est Gilles Duceppe. Il impose à son parti une rigueur (et non une discipline comme le font remarquer plusieurs) qui font que le bloc est toujours bien préparé et prend son rôle au sérieux au lieu de tourner en ridicule les institutions canadiennes. C'est un parti qui connaît bien les dossiers et qui présente un bilan électoral fort reluisant.

Désolé pour les optimistes mais l'année 2009 est sans aucun doute une des plus décevantes des dernières années au niveau politique. La politique municipale fût captivante certes, mais pour les mauvaises raisons. Le cynisme des électeurs ne pourraient logiquement être à un plus haut niveau que présentement. Je reviendrai plus tard avec un billet sur les perspectives de 2010. En attendant, consolons-nous en encourageant nos glorieux qui vont sans doute profiter grandement du retour d'Andrei Markov...


mercredi 25 novembre 2009

Sur la droite et la gauche au Québec...


Qu'est-ce qui ne va pas au Québec ?

Une droite marginale qui respire au complot "des médias gauchisants" et au gauche syndicale qui mange dans la main du patronat...

Bien que souvent ici je me suis opposé à la pensée unique, je me désole encore de tous ces débats futiles et sans contenus.

Le syndicalisme québécois fait affaire avec le crime organisé...point à la ligne. Des individus qui sont supposé s défendre des travailleurs avec un statut précaire sont à la solde du crime organisé. Ils sont aussi les nouveaux porte-étendards de la théorie du complot. Les médias seraient à la solde du PLQ et du PQ afin d'empêcher une nouvelle voie de naître. On croirait entendre des gauchistes défendant la théorie du complot du 11 septembre 2001...ceux-là même que la droite québécoise pourfande sans arrêt. Il faut croire que le complot plaît aux opportunistes.

La gauche québécoise quant à elle se roule dans le syndicalisme de bas étage. Elle gère les chantiers de construcrtion comme une mafia des années 1960. Québec Solidaire ne dit rien alors que ce sont les honnêtes travailleurs qui paient pour les tricheurs. Ce parti est muet alors que des syndicats largement subventionnés par la population québécoise marchent main dans la main avec des patroneux verreux. Cette gauche qui méprise ceux qui ne sont pas dans leur "église". Cette même gauche qui se roule dans la bouette de la vertue idéologique au nom de la défense des individus.

Désolé, la gauche québécoise n'a pas le monopole de la compassion et la droite le monopole de la contestation.

C'est pour cela que je suis au centre. Jamais je ne vais m'associer avec des individus qui au nom des valeurs communes s'associent au crime organisé pour défendre le droit des travailleurs. Jamais je ne vais m'associer à des individus homophobes (Jeff Plante) ou bien autre adepte de la théorie du complot médiatique(Fillion, Bernier, Dupont...etc). La droite québécoise est coupable du manque de cohérence de ses leaders et de manque de retenue (xénophobie...voir Jeff Plante).

Je reste au centre, J'évite ainsi la pensée unique à gauche ou à droite et suis à l'abri de la facilité intellectuelle dont font preuve la droite et la gauche au Québec.

Triste spectacle !!!

vendredi 13 novembre 2009

La fin de la troisième voie


Est-ce qu'il y a une troisième voie dans la politique québécoise ? Pouvons-nous être "autonomiste"?
Personnellement je persiste et signe : Non. Si on est autonomiste on est fédéraliste. Être autonomiste c'est accepter le statu quo de la fédération canadienne. C'est essayer de se coller un étiquette afin de se différencier des deux atres partis. On est enceinte ou ne l'est pas. Point !

Ceux qui ne se reconnaissent pas dans ce débat sont fédéralistes. Le Québec fait parti du Canada, pour le bien ou pour le mal et la déconfiture de l'ADQ nous rappel que l'échiquier politique québécois est configuré pour deux joueurs majeurs. Ces deux joueurs sont les héritiers du grand débat national qui n'est pas encore fini. Aujourd'hui, certains adéquistes retournent au bercail libéral alors que d'autres plus nationalistes migrent au PQ. Gérard Deltell qui risque d'hérité des débris encore fumant du bourbier adéquiste est un fédéraliste avoué. Bien qu'il possède un certain talent politique et une fougue hos du commun, il ne pourra sauver la barque.

Ma formation en science politique m'a appris ceci : la paysage politique change selon des cycles. Il est permis de penser que cette troisième voie adéquiste était une évasion temporaire d'un électorat nationaliste post-référendaire. 1995 a laissé des traces qu'on le veuille ou non. L'Union nationale est disparue parcqu'incapable de se positionner clairement en regard du débat nationale. Même chose pour les créditistes. L'ADQ était condamné d'avance. Un rendez-vous manqué avec l'électorat québécois qui a fuit temporairement les vieux partis pour y revenir plus tard.

Le cycle adéquiste est terminé. Je me lance sur une petite prédiction : vous allez voir le PQ occuper le terrain nationaliste plus souvent et de manière plus convaincante. La politique à horreur du vide. Le malaise de 1995 s'estompe lentement mais sûrement...

dimanche 1 novembre 2009

Difficile lendemain de veille...


Ce lundi matin de novembre laisse en bouche le goût d'un difficile lendemain de veille. Plusieurs montréalais vont se demander si en effet, ils ne sont pas allés trop loin hier. S'ils n'ont pas bu un peu trop de la cuvée Bergeron 2009. S'ils n'ont pas laissé entrer chez eux un ou une partenaire avec qui ils n'avaient pas envie de se réveiller dans le même lit. Pourtant, on pourra répéter à ces montréalais que ce scénario était prévisible, qu'à force de s'abreuver à ce vin nouveau, agréable en bouche et débordant de saveurs ils ne finiraient pas avec une grosse bière de mauvais goût dans une taverne minable. Pourtant, entre ce vin si tentant et cette grosse bière dégueulasse se trouvait un verre de Scotch. Initialement moins attrayant mais dernier rempart face à cette fameuse bière puante d'alcool "cheap". Aujourd'hui, les montréalais se réveillent avec ce goût en bouche.

Si vous avez bien compris cette analogie, vous avez associé le vin à Richard Bergeron, la bière à Gérald Tremblay et le verre de Scotch à Louise Harel. Ne nous leurrons pas, 63% des montréalais ont voté contre Union Montréal et 58% en faveur de Bergeron et Harel. Ainsi la démocratie a parlé. On pourra revenir pendant des années sur les circonstances et les événements de cette campagne, particulièrement sur leurs impacts électoraux. Toutefois, quoi qu'en pense beaucoup de gens, on ne pourra jamais négliger l'aspect stratégique de la chose : ou bien unir nos forces ou bien perdre. Vision Montréal et Projet Montréal ont choisi la deuxième option. En choisissant cette voie, ils ont ouvert les porte de l'Hôtel-de-ville à Gérald Tremblay. Ils ont ouvert les portes à une administration qui a scandaleusement abusée de l'honnêteté des citoyens et qui a laissé s'infiltrer dans nos institutions la corruption. Plus on gratte la plaie plus on y trouve un systême érigé en institution. C'est la douloureuse conclusion de la stratégie d'Harel et Bergeron.

Harel en jouant la carte du pouvoir absolue sans vision (un nom de parti pas du tout évocateur) et celle de l'arrogance d'une ancienne ministre face à "l'outsider" et ce dernier dans sa pensée missionnaire sans possibilité de compromis ont réélu Gérald Tremblay. C'est aussi simple que ça. À eux d'en tirer les conclusions lucides pour l'avenir s'ils ne veulent pas passer le reste de leurs jours avec le goût d'une Milwaukee Best dans le gosier.

vendredi 23 octobre 2009

L'innocence perdue...


Je suis essouflé. Et vous ? Je n'arrive plus à suivre le fil des événements concernant le financement douteux des partis politiques et et les histoires de collusions dans les soumissions aux appels d'offres. Le monde municipal québécois est ébranlé et la décision du gouvernement Charest de faire la lumière sur ces événements et de renforcer la loi électorale ne peuvent fournir les réponses que les Québécois attendent.

Afin de mettre en perspective l'avalanche de déclarations et de scandales qui secouent le monde politique québécois, je vous propose un petit retour en arrière. Un retour qui nous permet encore une fois de jeter à bas cette fausse perception dans la société québécoise que nous sommes plus "propres" et plus intègres que les nos voisins anglos-saxons.

Le 31 décembre 1977, le PQ fit adopter la loi régissant le financement des partis politiques. Celle-ci allait révolutionner le paysage du financement politique québécois. Il faut se rappeler qu'elle entra en vigueur dans un contexte politique fort différent d'aujourd'hui. C'était l'émancipation francophone via le PQ et l'opposition au financement des riches anglophones au PLQ. La CECO datait de 4 ans et avait frappé l'imaginaire québécois. L'heure était à l'assainissement des moeurs politiques. Le dynamisme du parti québécois durant son premier mandat aura mis la table à plusieurs lois qui sont aujourd'hui fondamentales pour l'État québécois (LAU, LPTA, Loi 101).

Pour revenir à la loi sur le financement des partis politiques, celle-ci obligeait ceux-ci à dévoiler leurs états financiers. De plus, les contributions ne doivent désormais venir que d'individus et non de groupes intéressés. Depuis cette époque, le Québec est figé dans un coma idéaliste. Le Québec avait innové, ça suffisait. Personne ne tenterait de contourner cette loi et encore moins son esprit idéaliste. Pourtant, c'était bien mal connaître la machine politique et l'infrastructure qui la suit. Activités de financement contournant la loi, financement provenant d'individus qui servent d'intermédiaire entre ce que la loi appelle "groupes intérerssés" et ceux-ci. Cette loi, allègrement contournée par tous les partis politiques (y compris celui qui l'a érigé) est maintenant désuète. Il faut saluer le travail fait par La Presse (particulièrement Michèle Ouimet) et Radio-Canada dans tout le dossier. On ne peut accuser ces deux instances médiatiques de basse partisanerie envers le PLQ comme certains l'entendent souvent. L'administration Tremblay était pourrie jusqu'à la moelle, et particulièrement ses éléments asscociés au parti libéral. Aujourd'hui Gérald Tremblay le reconnait enfin. Frank Zampino, un homme dont il a défendu l'intégrité becs et ongles devant les médias le printemps dernier. Un homme que la ville de Montréal a honoré alors qu'il baigne dans la corruption la plus crasse qui ferait rougir de honte les pire gangsters de Chicago des années 1920. Benoit Labonté n'était certes pas désintéressé en déversant son fiel sur ces adversaires. Toutefois, il a eu le mérite d'énoncer une vérité qui est un secret de polichinelle : " Il y a un cancer généralisé en politique au Québec".

Tony Accurso, Bernard Trépanier et tous ces autres que nous ne connaisons pas les noms et qui tirent les ficelles du financement politiques viennent saper l'esprit de la loi de René Lévesque. La partis politiques en font autant. Ils sont aussi coupables que ces individus louches et bien branchés sur le monde politique.

Nous pensions innocemment après 1977 en avoir fini avec cette gangrène. Pendant des années, le Québec a regardé de haut ses voisins en condamnant ce qui se passait de "croche" dans le monde politique. Ce discours de la société ouverte, éthiquement plus responsable que les autres et politiquement transparente vient de prendre le bord. Le monde politique québécois est aussi infiltré que ses voisins par des éléments criminels prêts à tous les entourloupettes pour profiter des deniers publics.

Aujourd'hui j'ai mal. J'ai mal à ce Québec que j'aime mais qui ne cesse de me décevoir. J'ai mal à mon Québec, à ce qu'il est devenu. J'ai l'impression de revoir un ami d'enfance avec qui je jouais à la balle dans la cour d'école être devenu un toxicomane menteur et hypocrite qui vendrait sa mère pour une petite dose. En quelque sorte, c'est une innocence perdue...